Née en 1966 à La Rochelle, Cécile Bobinnec se forme aux Beaux-Arts de Bordeaux puis intègre en 1993 le mastère international des Beaux-Arts de Paris. Durant cette période, elle est, pendant 3 ans, l’assistante de Richard Long.
Sollicitée pour exposer mais insatisfaite de son travail, le jugeant inabouti, elle s’interrompt en 1995.
Fin de la première partie.
12 ans plus tard, désormais enseignante aux Beaux-Arts, elle renoue progressivement avec son projet et en dépasse les limites initiales, pour finalement s’y consacrer pleinement.
Le travail de Cécile Bobinnec s’articule ici autour de figures tordues, souffrantes, hurlantes et pourtant fières et émouvantes, auprès de qui elle s’engage, qu’elle tente de consoler de leur humanité.
Pour tenter de les approcher, d’en prendre soin, elle ne cherche pas à les comprendre mais fait son travail d’artiste en leur offrant des représentations multiples : volume, dessin, texte, photographie, toile…
Œuvre d’empathie, de bienveillance, expression forte nourrie des lectures de Bataille, Michaud et autres plasticiens slammeurs.
Pour le visiteur, prendre entre ses mains le « petit rose » (toucher l’œuvre est permis) et s’efforcer d’entendre l’écho silencieux de la clameur humaine.
Cécile Bobinnec vit et travaille à Bordeaux – 58, rue bouquière
Parler d’elles, parler de nous.
Je peuple mon atelier de créatures qui balbultient l’humain.
Ce qui m’apparaît possible c’est – à travers elles – de raconter un peu ce que nous sommes tous, notre humanité commune, désespérée et magnifique.
D’abord la forme, le corps volume, sculpté, avec les mains dans la terre, qui guident, qui construisent. Travailler la matière, le bois, le tissu, le plâtre, la cire, restituer la forme, modeler, caresser, tordre, tendre…
La matière, le corps
Puis le dessin : apprivoiser, appréhender et accepter l’informe, le cri, le monstrueux.
L’odeur de l’encre, le geste large des grands formats ou l’intime des petits dessins, qui s’expérimente à la plume, qui gratte le papier, l’incise, détails et précisions qui viendront révéler les plis et les replis, les cicatrices ou les déchirures.
Les mots, le verbe
Enfin la lumière avec les photos, nouvel éclairage dans tous les sens du terme, le feu, la flamme, le secret, une autre consistance, un autre jeu, une profondeur qui voudrait révéler une part d’intimité profonde.
Images fugitives, irréelles, qui n’existent que par l’œil de l’appareil et sont restituées dans une longueur de temps, un instant prolongé.
L’esprit, le temps
Voici ma trinité. Photo, dessin et sculpture me sont nécessaires pour que chacune des créatures soit entièrement présente dans chacun de ses avatars,
… et parle au nom de tous.
Bienvenue.
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